Depuis quelques jours, quelques semaines, je suis envahie de tumultes. De vagues, offensives puis défensives, de flux et de reflux. Mon corps s'y abandonne, mon esprit tente des guerres dérisoires, mène des combats inlassablement perdus.
J'ai eu un besoin fou de voir la mer, de sentir les marées, de boire son suc en avalant des huitres, je ne pense qu'à cela, manger des huitres, goûter l'océan, le large, tout ce que je fuis et qui s'impose charnellement, dans ma bouche, mon estomac, mon ventre, mon corps.
Demain je m'élance. Je sais l'importance de ce voyage. Je crois encore en mes retrouvailles. Je me vois face à cette entendue, la douceur du sable sous mes pieds, le gris qui confond, la mer qui va et qui vient.
Demain je retrouve l'essentiel en prétendant au superflu. Je retrouve celui qui m'a construite, celui qui m'a faite.
C'est simple, en réalité, les raisons de mes affres. Les raisons de ma panique sont évidentes lorsque je les pose, mot après mot, pensées qui se succèdent. C'est joli, finalement, d'être dans cet état. Je lutte contre tous mes instincts protecteurs et je perds chaque combat, mon élan sait vers quoi je dois tendre.
On ne peut rien réparer, rien rassembler, rien raccommoder. C'est une douleur infinie et répétée, pour chaque histoire, chaque début, chaque parenthèse, ce moment précis où l'on sait, que de l'autre ne viendra pas la réparation. C 'est un deuil perpétuel, une condamnation aux fers, un renoncement pathétique.
De l'autre point de salut. Alors quoi ?