Etant donné la teneur de certains messages, vous êtes tout à fait en droit de vous projeter dans l'attente d'un billet un peu tendancieux.... Je finirai peut-être et même certainement par en arriver au charnel, je ne sais pas si c'est l'âge qui veut cela, il parait que plus on vieillit, plus on devient enclin au libidineux, mais j'aime bien sombrer vers ce versant, c'est ludique, c'est fantaisiste, gai et joyeux, bref, c'est agréable. Mais non, là, je pensais à tout autre chose. En discutant avec BM, je découvre qu'il parle super mal l'anglais. J'en déduis spontanément que c'est lié à sa timidité, son côté affreusement inhibé, cet angle de sa personnalité que j'adore mais dont je sais qu'il est ingérable à long-terme. Et toute la soirée je reste en boucle sur cela. Je cherche ce que révèle un blocage sur les langues. J'aime bien m'aventurer dans ce type de reflexion. Le rapport aux langues relève de la capacité à l'altérité. Ce fut une conclusion évidente. Pour parler une langue étrangère, il faut être capable de retourner à la petite enfance, au statut de bébé. Sauf que nous sommes en plus amputés des autres modes de communication du bébé : le corps dialoguant, les cris, la précision du regard. Il faut donc se soumettre à cette regression affreuse, l'accepter avec humilité pour pouvoir, peu à peu, acquérir, maitriser un nouveau langage. C'est un travail assez considérable, un véritable labeur. Je pense que seule la volonté infaillible de connaitre l'autre nous pousse à cet effort inouï sur nous-mêmes et nous permet de surmonter la violence que nous devons nous infliger pour parler une langue étrangère.