Mon merveilleux amant,

J'ai pensé à toi aujourd'hui. 10 fois, 20 fois, 30 fois. J'ai pensé à toi en continu, à chaque instant. Des visions, furtives mais intenses : je revoyais ton visage penché sur le mien, tes yeux au ras de mon ventre, tes pupilles dans les miennes pour intérioriser ma jouissance. Alternées de reflexions, un peu plus longues, cérébrales, plus interrogatives : qui es-tu? pourquoi nos corps sont-ils épris ? quel est ce lieu qui nous appartient ? J'ai pensé à tes mains en moi, j'ai tenté de comprendre cette sensation de mon intériorité révélée, cette torsion que tu crées. Je t'ai pensé venir, je t'ai pensé après, j'ai senti ton souffle, nos langues emmélées, nos corps liés, comme des racines enlacées. Tu étais en moi, encore, j'étais à toi. En prenant ma douche ce matin, en passant la main sur mon sexe doux et un peu douloureux, encore empreint des stigmates de toi. En croisant le regard d'un homme sur le chemin de l'école de ma fille, et me disant que jamais je n'avais été autant désirée que par toi. En prenant mon premier café au bureau, me disant que rien que pour ces heures là, ma vie mérite d'être vécue. En fumant une cigarette vers 15 heures, je me suis demandée pourquoi nous n'étions pas ensemble, dans un lit, sur le sol d'une chambre d'hôtel, sur le capot de ton cabriolet, n'importe où, mais ensemble, corps contre corps, n'importe où sauf là, je me suis demandée quelle était la folie qui nous empêchait de vivre, quelles étaient les névroses qui nous conduisaient à accepter ce triste sort que le nôtre, alors que tout dans nos instincts, hurle le contraire, que tout nous ramène à nous. En réunion vers 16.30, j'ai souri soudainement en pensant à la manière dont tu m'as attrapée, au début, au milieu, à la fin. Je me suis envolée, je suis partie, légère, douce, vers cet espace-temps qui est le nôtre.